Nuit d'hiver mortelle en Sologne

Nuit d'hiver mortelle en Sologne

Messagepar Plume » Dim 6 Mai 2018 07:56

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Marie Anne Barbou naît le 15 février 1854, à Tour-en-Sologne, Loir-et-Cher, moins de neuf mois après le mariage de ses parents, Pierre Simon Barbou et Marie Anne Blanchard, journaliers.

Elle est l’aînée d’une fratrie de sept enfants qui vont naître en Sologne. Louise, que tout le monde appelle Célestine, naît à Fontaines-en-Sologne, deux ans plus tard, suivie par Simon Pierre en 1857, qui ne vit que quelques semaines, et Silvain, en 1859. La famille part s’installer ensuite à Montrieux-en-Sologne, où naissent Joséphine, en 1862, Jules Evrain, en 1866 et Silvine, en 1868.

En 1872, Marie Anne, dix-huit ans, est placée comme domestique à Montrieux, chez Jean Leloup et sa femme, à la Gautellerie, avec deux autres domestiques du même âge. Ses frère et sœur, Célestine, seize ans, et Silvain, treize ans, sont placés à Dhuizon, chez Silvain Michou et sa femme, fermiers aux Grandes Ouches. Le reste de la famille vit à la Bretandière, à Montrieux.

En février 1875, Marie Anne, vingt-et-un ans, est domestique chez Louis Minière, cinquante-cinq ans, fermier à Neung-sur-Beuvron et sa femme, Sylvine Leprêtre. Elle loge chez ses employeurs et dort dans la même pièce que les autres domestiques. Elle partage son lit avec Marie Delhorme, seize ans, bergère. Dans la même chambre dorment quatre autres domestiques, des garçons. C’est une certaine promiscuité qui rend difficile de garder un secret et pourtant, Marie Anne arrive à cacher le sien.

Dans la nuit du 20 au 21 février 1875, Marie se lève à plusieurs reprises. Cela réveille Marie Delhorme à laquelle elle dit qu'elle a des coliques. Elle sort seule dans la cours et vers minuit, Marie Anne va dans la cuisine où elle allume le feu pour se réchauffer. Nous sommes en hiver. Elle dit à sa patronne qu'elle a la diarrhée. Vers trois heures du matin, elle se recouche. Lorsqu'elle ne se lève pas, à l'heure habituelle, Sylvine, la fermière, pense que c'est à cause de sa mauvaise nuit. Mais vers huit heures du matin, Marie Anne se met à vomir du sang et est prise de convulsions. Sylvine envoie immédiatement prévenir le médecin et les parents de Marie Anne, qui vivent à Montrieux-en-Sologne, à moins de dix kilomètres de là. Avec sa mère, elle l'examine et constate que la jeune fille a perdu énormément de sang. Voulant lui changer sa chemise, Sylvine ouvre le coffre et, à sa grande surprise, y trouve, caché sous les vêtements, le corps d'un bébé, de sexe masculin. Elle comprend alors d'où vient la maladie de Marie Anne et son mari part immédiatement prévenir les gendarmes.


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Germain Puisségur, brigadier, et Frédéric Paris, gendarmes à cheval à la résidence de Neung-sur-Beuvron, se rendent sur les lieux. Marie Anne git dans son lit, très malade et sans connaissance. Le bébé, mort, est placé au pied du lit. Il ne présente aucune trace de violence. Ils trouvent également une flaque de sang dans la cour, contre l'écurie aux porcs. C'est probablement là que Marie Anne a accouché, mais ils n'obtiennent aucun témoignage de la jeune fille, qui n'a plus parlé depuis l'arrivée du médecin.

Le docteur Alliot, médecin à Neung-sur-Beuvron, a examiné l'enfant sans trouver non plus de traces de violence. La mort de l'enfant ne peut être attribuée qu'à un manque de soins et au froid qui règne en ce mois de février. L'enfant est placé dans un lieu sûr, par les gendarmes, qui préviennent le procureur. Mais vers les trois heures du soir, Marie Anne décède, sans avoir repris connaissance. Aucun complice n'est découvert par l'enquête qui est close. Les corps de Marie Anne et de son petit garçon peuvent être inhumés.

Une journée s'est écoulée lorsque, le 22 février à quatre heures du soir, les gendarmes rédigent leur rapport. Au même moment, à la mairie de Neung-sur-Beuvron, Louis Minière, le patron, et Gustave Huguet, l’instituteur de la commune, déclarent les décès de Marie Anne et de son petit garçon, « sorti sans voix du sein de sa mère ».

S’agissait-il d’un infanticide ? Marie Anne voulait-elle la mort de son bébé, ou, trop malade, l’a-t-elle juste caché, entraînant involontairement sa mort ? L’enquête ne tranche pas et le mot infanticide est précédé d’un « possible » et suivi d’un « ? », dans le rapport des gendarmes. Rien n’est dit sur le père, qui n’est même pas cherché.

Dans ce genre d’histoire, seules les femmes sont coupables.
ça marchhhhhhhhhheeeeeeeeeeeeeeeeee pas encore si bien que ça !!!!
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